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 Apres toute un série de films sur lesquels je n’ai pas écrit (faute de temps, de motivation ou d’argumentation, je pense au Van Sant, au Soderbergh ou encore au Won Kar Wai) je me devais d’écrire sur le dernier Nicolas Winding Refn. Tout comme dans Drive, Refn parie sur le mutisme de ses personnages et en particulier de son acteur fétiche, le très célèbre Ryan Gosling. Avec ces deux films on voit bien que ce qui intéresse le réalisateur est la mise en scène des corps en actions, des corps violents, mais ce qui m’avait déçu dans Drive tourne ici à la farce de mauvais gout. Rarement un réalisateur n’avait banalisé et esthétisé la violence extrême avec autant de jouissance et de prétention. Convaincu d’avoir atteint une certaine idée de la perfection plastique, Winding Refn se cherche entre l’esthétisation globale d’un Won Kar Wai, la facilité de la violence (sans touche d’ironie chez lui) d’un Tarantino, la bizarrerie corrosive d’un Lynch et la décadence perverse d’un De Palma. Il perd sur tous les tableaux. Une fois que l’on a compris que les lieux étaient éthérés, que les personnages allaient et venaient dans des espaces pour accomplir leur sens de la justice, fini le soit disant surréalisme dérangeant. Le plaisir personnel qu’il éprouve à nous montrer le corps d’un homme mutilé, les hurlements d’un prisonnier qu’on torture à coup de pique à chignon dégoute plus que les images elles mêmes. Nous sommes le petit garçon du milieu du film qui ne veut pas voir l’associé de son père coupé en deux. L’esthétique léchée de chaque plan, qui impressionne au départ se transforme rapidement en ambiance boite de nuit Hype à l’éclairage tape à l’oeil. On sent la volonté de « faire de l’art », mais toutes ses tentatives sont vaines, artificielles. On frôle le ridicule dès qu’il s’agit de parler d’inceste. Christin Scott Thomas, méconnaissable, qui parle de la  bite énorme  de son fils mort, ou Ryan Gosling qui plonge la main dans les entrailles de sa mère, c’est pathétique. Ce qui est terrible c’est que certaines séquences sont à proprement parler excellentes, parfaitement maitrisées (comme tout le film malheureusement, on aimerai croire à un ratage) la course poursuite entre un tueur à gage et un flic pourri dans un bidon ville est une des seules scènes qui a retenu mon attention (et de belle manière !), mais elles sont noyées dans une soupe infâme. Parlons en de ce flic pourri. Refn s’est apparemment amusé à graduer la figure du psychopathe dans son film. On commence en bas de l’échelle, avec le beauf occidental qui va violer et tuer une prostituée Thaïlandaise de 16 ans. Puis on a le tueur à gages asiatique, qui met un masque de catcheur afin d’éliminer froidement une fillette de 4 ans et sa nounou, et enfin LE flic thaïlandais, assimilé à on ne sait quelle grande figure des arts martiaux, qui fait respecter son sens de la justice à coups de points (Gosling en aura fait les frais, on peut au moins accorder ça au réalisateur) de katana, d’huile bouillante, torture ses suspects avec des pics à chignons et toute sorte d’objets tranchants. Ah non, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, même Ryan Gosling est en fait un dangereux dealer de drogue, mais il se fera ridiculiser ne vous inquiétez pas. Pour terminer, un petit mot sur le regard que porte le réalisateur sur les prostituées thaïlandaises, américanisées au possible, qu’il filme. C’est à la fois obscène, voyeur et moralisateur, mieux vaut ne pas en dire plus. Only God Forgives est un film infâme, prétentieux, futile et artificiel, en espérant que le jury de Cannes ait la décence de ne pas lui accorder de prix.

Elio Balezeaux

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Une réflexion sur “Only God Forgives – Winding Refn

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