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to_the_wonder_terrence_malick_05A la merveille, sorti à peine deux ans après The Tree of Life, démontre une fois de plus la prétention de Terence Malick. Tout comme son précèdent film, la recherche d’une universalité qu’il n’arrive pas à atteindre est partout à l’écran, jusque dans ses acteurs, américains, français, espagnols et italiens. Chaque plan est préparé, millimétré pour être surinterprété, et dégoulinant de symbolique sur la vie, la mort, l’amour… La religion est évoquée ? On découvrira un lampadaire, tel une lanterne dans le ciel, les personnages viennent de se séparer ? L’héroïne en faisant la vaisselle séparera deux fourchettes accrochées ensemble. Elle est en colère ? on doublera le plan par celui d’eaux tumultueuses.  Il aura même réussi à utiliser un plan de tortue nageant en eaux profondes, tout droit tiré de son amalgame de volcans, dinosaures et méduses de The Tree Of Life. C’est exaspérant.

« Face à deux formes d’amour bien différentes, les deux hommes sont confrontés aux mêmes questions. » dit le synopsis mais d’amour, il n’en est pas question dans ce film, de la poésie, des sentiments, de la force, il n’y en a pas. Juste des « je l’aime » énoncé par une voix off tantôt mièvre tantôt puritaine. Aucune, émotion n’est palpable entre cet homme et ces femmes, malgré l’entrain et la joie que dégage Olga Kurylenko, parfois explosive.

Dans A la Merveille, Javier Bardem remplace Sean Penn dans le rôle de l’homme qui déambule, tous les malheurs du monde sur son visage, censé doubler le film d’une certaine noirceur, mais qui au bout du compte ne fait que le plomber. La prétendue grâce des magnifiques images tournées au coucher de soleil, toujours, n’est malheureusement que plastique et le coté aérien, saisissant l’instant présent est ici une pâle copie d’un génie qu’il semble perdre.

Malick cherchait à faire un poème d’amour, il nous laisse un film exaspérant, regorgeant de sermons, d’une prétention non retenue,  et qui oublie que, parfois, au cinéma, les émotions comptent aussi.

Elio Balézeaux

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3 réflexions sur “A la merveille – Terence Malick

  1. Aie! aie! aie! Je vais rester au chaud chez-moi …. Finalement il semblerait que Malick s’enlise depuis 1998 …

  2. Ca me plaît bien comme critique. Déjà en lisant celle du Nel Obs assez positive et dégoulinante , je n’avais pas envie de voir ce film; avec ce que tu écris cela conforte ma première opinion. Et puis on a Jules et Jim dans le genre…. et c’est assez!

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