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Después-de-Lucía« Lucia est morte dans un accident de voiture il y a six mois ; depuis, son mari Roberto et sa fille Alejandra, tentent de surmonter ce deuil. Afin de prendre un nouveau départ, Roberto décide de s’installer à Mexico. Alejandra se retrouve, nouvelle, dans une classe. Plus jolie, plus brillante, elle est rapidement la cible d’envie et de jalousie de la part de ses camarades. Refusant d’en parler à son père, elle devient une proie, un bouc émissaire. »

On a souvent du mal à croire ce que nous montre le réalisateur. A trop vouloir faire de son film un exemple, Michel Franco se complait dans la violence et hésite souvent entre l’afficher ou la cacher. Quoiqu’il en soit, tout est trop monstrueux, même pour un groupe d’abjects petits cons. Assis dans notre fauteuil, on encaisse coup sur coups et on a souvent envie de détourner le regard, pire encore, par sa mise en scène, le réalisateur nous place dans une situation de voyeur insoutenable. La morale, très honorable, affichée d’un bout à l’autre du film est martelée, enfoncée dans la tête du spectateur, qui regarde avec dégout une jeune fille se faire à proprement parler torturer. Est ce bien nécessaire ? Le film ne passe jamais par le mélo, parfois, ressemble à un triste  teen-movie, et souvent, tente par de nombreux plans fixes de surfer sur la vague du nouveau cinéma indépendant, sans vraiment le justifier.

Le réalisateur nous laisse souvent imaginer ce que subit, sans réagir le moins du monde, Alejandra. Michel Franco a laissé une place importante aux non dits : certaines horreurs qu’elle a subies, les circonstances de la mort de sa mère, jusqu’au « dénouement », si l’on peut l’appeler ainsi, extrêmement flou en ce qui concerne la jeune fille. Une grande partie de note être est soulagée par l’arrivée du générique mais on peine à croire que tout se fini ainsi, c’est à la foi trop dur à encaisser pour le spectateur et trop facile de la part du réalisateur qui ne s’autorise pas une happy end,  qui pourrait  être  malvenue mais  peut être plus intéressante moralement et cinématographiquement. Pour Fritz Lang, « La tragédie moderne, étrangère au destin, se veut délibérément négative, décrivant le triomphe du mal pour et à cause de rien. » Ce film en est la preuve, refusant la moindre parcelle de positivisme et condamnant tous les personnages, un à un, comme le montrent les dernières images, sans doutes les pires de tout le film, qui restent ancrées en nous pendant encore quelque temps et confirment qu’aucun ne s’en sortira. Bien sur, on repense souvent à ce film, une boule au ventre, en ce sens, Michel Franco a atteint son objectif.

Pour résumer, ce film dérange, sans pour autant justifier et proposer de réponses, Michel Franco ne va pas au bout de sa démarche et trop souvent utilise de « grosses ficelles » pour arriver à ses fins. Il réussi toutefois à nous ancrer de terribles images dans la tête et les tripes.

Une grande question en sortant de la salle : pourquoi ? Pourquoi nous infliger cela ?

EB

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Une réflexion sur “La critique de : Despues de Lucia – Michel Franco – 2012

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